Il n’est jamais trop tard…

Mains BSL Santé et bien-être Laisser un commentaire

J’ai 40 ans!  Vous devriez voir comment je panique à me regarder dans le miroir qui ne cesse de me renvoyer mes taches de vieillesse et de bien d’autres signes que le temps passe. Loin de là l’idée de me plaindre, je suis fascinée par les changements du corps. Aller au gym est essentiel, car pour pouvoir monter un escalier, je dois entretenir mes genoux. Vous voyez le genre ! Dieu merci, j’ai une bonne santé sexuelle et spirituelle, sans quoi, je me sentirai dépassé par… ce temps qui passe.

Je suis irrémédiablement une vieille picouille intrigante !

Mais dans ce temps qui passe, j’y retrouve certainement des parties de ma vie qui semble avoir muri. 

Vous le savez, lorsqu’on vit beaucoup d’intimidation à l’école, notre confiance en soi en prend un sale coup! Je peux-tu vous dire qu’on se fait tout petit.

J’avais beaucoup de raison de croire que je n’aurai jamais de permis de conduire. D’une part, mes parents ne conduisant pas et n’étant pas allumés, ils ont oublié (loll) de présenter le sujet comme un essentiel de la vie d’adulte. Également, pendant tout le secondaire, j’ai été victime d’intimidation. Bien sûr, dès le début de ma vie d’adulte, je me suis dit que la conduite automobile ne serait pas pour moi.

J’ai donc débuté cette vie d’adulte à Montréal. Dans le temps et encore aujourd’hui, cette magnifique métropole se fait à pied, à métro et en bus.

Conduire à toujours été un sujet de profonde humiliation. Mes frères, tous installés dans la région montréalaise vivaient dans les banlieues.   Eux ils avaient leurs gros chars. Le hic, c’est que je ne fais pas partie du groupe. Inutile de vous dire que je n’y aie pas retrouvé d’encouragement.

Les années de jeunesse montréalaise ont passé et par amour (et par pure folie) je me retrouve à Rimouski en 2000.

Oh boy! Quand tu n’as pas de voiture, Rimouski se fait très mal à pied!

Traverser la ville pour aller au carrefour….hark! J’ai fait ça si souvent. Et que dire de mes emplois. Des kilomètres et des kilomètres à pied… ça use comme le dit la chanson !

Dans la foulée, je tombe amoureux de mon Gaétan et seulement à 30 ans, je commence à me dire que j’aimerais conduire ma propre voiture.

Je m’engage donc dans un cours de conduite. Au départ je suis optimiste, mais rapidement d’anciennes stratégies de protection alourdies l’expérience.

Mon premier choc a été de me retrouver en classe avec les jeunes. Comme j’associe : Ne pas Conduire avec L’intimidation, le résultat devenait un grand sentiment de honte.

Puis, rapidement, je ne me sentis pas à la hauteur. J’ai 30 ans et je tremble comme une feuille en classe pendant les théories et en voiture pendant les sorties sur la route.

À l’époque, je suis en réaction devant la montagne à gravir.

Je me dis que je n’y arriverai pas et que ce n’est pas pour moi!

Durant les sorties sur la route, j’ai une mauvaise attitude. Trouvant l’exercice trop confrontant, je finis régulièrement par bouder mon instructeur. Je claque la porte et je me referme sur moi-même exactement dans mes souffrances d’avant… du temps de l’intimidation.

Comme je ne pleure pas facilement, c’est dans le silence que je retourne chez moi. Lorsque ça arrivait, je pouvais bouder le cours de conduite pendant des mois. J’ai déjà été 2 ans sans y remettre les pieds.

La chance d’être aimé !

Gaétan Rattie, mon mari et Isabelle Plamondon ma patronne ont été d’une patience incroyable. Je n’ai jamais senti aucune pression de leur part. Je crois qu’ils savaient que le dossier PERMIS DE CONDUIRE renfermait beaucoup de souffrance. Mais c’était là, tout le temps, comme mon ombre. Le fameux permis de conduire…qui m’a fait sacrer plus d’une fois. J’ai eu des moments d’enthousiasme ou je suivais des cours de conduite sans me plaindre, mais j’avoue que les moments de doutes et de découragement m’ont accompagné jusqu’à la fin.

Puis un jour, à force de gravir la montagne, se fut la fin de se parcourt. Par habitude de l’échec, j’ai auto sabotée l’examen pratique de la SAAQ. J’ai fait la fête avec des amis la veille de l’examen, ce qui ne me ressemble pas.

Vers 7h30, je reportais le rendez-vous.

Je devais y être pour 8h30…

C’est finalement dans la plus improbable des journées que l’ordinateur de SAAQ m’a reprogrammé l’examen pratique.

En effet, le 30 juin à 15h30, le jour d’anniversaire de Gaétan !

Il me dit : Ah, ce serait un beau cadeau !

Entre temps, j’incorpore l’équipe de soins palliatifs de la prestigieuse Maison Marie Élisabeth. Comme j’ai une grande foi, j’interprète comme un signe cet embauche. Être un préposé aux bénéficiaires en soins palliatifs est particulier et s’accepte ce défi. Je sens que dans mon mariage, mon travail chez MAINS BSL et également chez la Maison Marie Élisabeth, je suis aimé…

Peu de temps après… le 30 juin 2021 !

C’a y est, j’y suis! C’est tout ce que je me dis le matin du 30 juin 2021. C’est clair que je fais face à mon destin. L’enjeu est grand, car l’échec sera retentissant si perd la bataille. À ce moment-là, je suis à ma deuxième reprise de cet examen de pratique de la SAAQ.

Au volant, la pression est énorme. Derrière, il y a la souffrance de se faire dire : Maudit fif, tu sens la merde, tu devrais mourir et t’es bon à rien !

Devant, je suis un homme libre et enfin émancipé !

Si vous connaissez Rimouski, le 30 juin dernier à la sortie du stationnement de la SAAQ, il y a la zone COVID pour le centre de vaccination. Les vacances sont arrivées et partout, il y a des embouteillages.

C’est devenu un projet de réussite à ce moment précis. Quoi qu’il arrive, je fonce !

Je me dis : C’est bon Steeve, le combat doit cesser… tu es fatigué et passes à autre chose.

Je demandais à la sainte Marie Élisabeth Turgeon de la congrégation des sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire de NE PAS ME LÂCHER !

Lorsque j’ai finalement immobilisé l’automobile, l’évaluateur de la SAAQ a simplement dit : Tu as réussi ! Il m’expliquait les étapes à suivre….puis…. les larmes se sont mises à couler toutes seules.

Une autonomie ou plutôt un affranchissement !

Dès la première fois où j’ai conduit l’automobile de Gaétan seul, je me suis rendu compte à quel point j’avais changé. Wow ! Mais quelle sensation de légèreté comme le calme après une longue tempête. J’étais étonné de bien m’orienter dans la ville et de l’aisance à prendre connaissance des codes de la route. Mon attitude a changé. Tous mes doutes et mes appréhensions sont apaisés. Je n’ai jamais connu un tel état de plénitude.

Là je viens d’atteindre une autonomie jamais rencontrée dans ma vie. C’est ce qu’on me dit.

Mais je comprends que ce qui était une lutte avec le passé est en train de se dissiper pour un noble désir de vengeance. Je suis en contrôle de mon volant comme je suis enfin en contrôle de ma vie. Intrinsèquement, je domine la situation à un niveau inégalé.

Je ne conduis pas une voiture pour me rendre à mon travail… je conduis une voiture parce que je suis libre. MA PEINE est terminée.

C’est plutôt injuste de n’avoir eu les mêmes chances que les autres étant plus jeunes.

Quand vous intimidez, vous enlevez volontairement des chances ou des opportunités à votre victime de se construire une vie sainement et le plus normalement possible.

J’ai été en prison ou restreint dans mon potentiel jusqu’à présent.

Les murs de mon appartement ont souvent eu l’effet de comprimer mes poumons et mon être. Ne soyons pas dupes… ma vie de vieux garçons n’est pas mon choix. Il s’agit plutôt du résultat de l’intimidation. Le pire, c’est que je suis un globe-trotter dans l’âme !

En conclusion

J’ai été plus que persévérant. J’ai été conciliant avec moi-même et envers les autres.  Personnellement, je croyais à un destin d’homme solitaire, mais certaines personnes ont toujours cru en moi.

Obtenir un permis de conduire est une sacrée victoire. C’était une guerre interne entre le cœur et la raison.

Vous êtes une personne qui vit présentement de l’intimidation ou tout comme moi, vous êtes une victime des années 90, sachez que si j’ai pu le faire, vous le pouvez également.

Si vous ne le pouvez pas, je vous transmets réellement tout mon amour, car je vous comprends tellement !

Pour ma part, j’ai été chanceux, car Gaétan et Isabelle par leur patience et leur amour m’ont fait progresser, peu à peu.

Je suis Steeve Huet, 40 ans… et il n’est jamais trop tard !

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *